Emile FOURNIER

Emile FOUNIER est né le 15 septembre 1889 à Badonviller (Meurthe-et-Moselle)
Décédé le 29 octobre 1970 à Badonviller
Conseiller de la République de Meurthe-et-Moselle de 1946 à 1948
Issu d'une famille modeste, Émile Fournier suit, au terme de ses études primaires, les cours par correspondance de l'École polytechnique du notariat ; il entre comme clerc dans une étude, dès 1902.
C'est donc à force de travail et de ténacité qu'il devient clerc principal en 1912, notaire suppléant durant la première guerre mondiale, puis notaire en titre en 1920.
Ses qualités d'organisateur conduisent le préfet à le déléguer dans les fonctions de maire de guerre de son village natal, au mois de mars 1915.
Il est élu au conseil municipal en novembre 1919, et accède à la mairie, le 8 décembre. Il sera continuellement reconduit dans ce mandat jusqu'au terme de sa carrière politique.
Il est également élu, le 14 décembre 1919, au conseil d'arrondissement, dont il devient secrétaire en 1923, et président en 1934.
Il préside également la chambre des notaires de l'arrondissement de Badonviller, dont il devient secrétaire en 1923, et président en 1934, ainsi que la chambre des notaires de l'arrondissement de Lunéville, de 1934 à 1936.
Dès le début de l'occupation, en 1940, il s'engage dans la Résistance : il accueille clandestinement des prisonniers évadés, des déserteurs d'Alsace et de Lorraine, puis des réfractaires au STO ; il fournit également des fonds aux organisations clandestines, et participe aux activités du groupe Lorraine.
Arrêté une première fois par la Gestapo en 1940, puis relâché, Émile Fournier l'est à nouveau le 4 avril 1944. Cette fois, il est déporté à Buchenwald (il fit partie du dernier convoi vers ce camps ayant quitté la région parisienne).


Dès son retour en France, il est réélu au conseil général en septembre 1945 (Jean Baptiste Diedler n'a jamais été maire, mais est resté adjoint le temps de la déportation. "Premier adjoint en l'absence du maire" sur les actes.Mr Fournier est toujours le maire).
Il conduit alors la Liste d'Entente Républicaine et d'Action Sociale qui, avec 620 voix sur 1 046 suffrages, remporte deux des trois sièges à pourvoir dans la Meurthe-et-Moselle au scrutin du 8 décembre 1946 au Conseil de la République.
Au sein du département, il préside l'association des communes forestières, la chambre des notaires, ainsi que la fédération des associations de sinistrés.
Au Conseil de la République, il s'apparente au groupe du MRP, et siège à la Commission du règlement, à celle de la justice, et à la Commission des pensions.
Parlementaire actif, ses nombreuses interventions portent, pour l'essentiel, sur les problèmes des victimes de la guerre. Citons ainsi sa participation aux débats sur le budget des anciens combattants, sur les demandes de prêts des combattants volontaires de la Résistance, le statut des déportés et internés de la Résistance, le statut des déportés et internés politiques.
Il est victime, lors des élections du 7 novembre 1948 au Conseil de la République, de l'évolution du mode de scrutin : tête de la Liste d'Entente Républicaine d'Action Sociale et de Défense des Collectivités locales, il ne retrouve pas son siège, avec 289 voix sur 1 439 suffrages exprimés au premier tour, puis 97 sur 1 428 au second.
Il se retire alors de la vie politique nationale.


Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur son village natal, dont Badonviller la martyre -1914-1918, et En prison : Nancy-Compiègne, Buchenwald.
Titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, il est officier de la Légion d'honneur, et de l'Instruction publique, et du mérite social.
Le collège et le stade de la ville portent son nom. Il est arrêté par la police Allemande dans les locaux de son étude à Badonviller. Les motifs évoqués sont multiples : Passage de prisonniers évadés, camouflage de réfractaires, confection de fausses pièces d’identité, remise de faux cachets. Il faisait l’objet d’une dénonciation par une personne précédemment arrêtée sur Nancy. Au cours de différents interrogatoires qui vont jalonner son emprisonnement puis son internement, il n’a jamais reconnu sa culpabilité, n’a jamais été jugé ni condamné.
L’intéressé est l’auteur du livre EN PRISON http://badonpierre.free.fr/badonviller/buch/buch01.html qui retrace son arrestation, ses séjours dans les prisons de Nancy, Compiègne et son internement dans le sinistre camp de BUCHENWALD, libéré le 11 avril 1945 par les troupes américaines.